ViNyLoGUe

Vynilogue est l'une des 3 seules sociétés à proposer la gravure sur vinyle à l'unité en France. Son créateur nous relate à travers cet entretien son parcours, sa méthode de travail, ses difficultés...

 

Toph' - Qu'est ce que Vinylogue ?

ViNyLoGUe - ViNyLoGUe, est une société que j'ai crée début 2004 et spécialisée dans la fabrication de disques vinyles à l'unité et qui offre la possibilité de graver des fichiers sonores sur des supports 7", 10" et 12" en 33/45 trs.
C'est le rêve pour tout DJ voulant mixer ses propres compositions; réaliser des sets uniques, scratcher ses sons persos, instrumentaux, à capella, mais aussi pour les aficionados du son "chaud" analogique...

 

Toph' - Qu'est ce qui t'as poussé à créer une société de ce type ? 

ViNyLoGUe - Au départ pour un besoin personnel, en effet j'ai toujours voulu mixer mes propres compos lors de mes sets... qui n'a jamais rêvé de ça? et puis le graveur Vestax est sorti, avec un prix plus qu'exorbitant. J'ai fait un prévisionnel avec le graveur Vestax, impossible de créer une société avec ce type d'appareil a moins de vendre le vinyle a plus de 100 euros. L'été dernier j'ai enfin trouver un appareil compétitif pour en faire un commerce. Je trouve ce concept vraiment unique, pour avoir ses instrus et ses sons pour des live HipHop, des dubplates Reggae/ragga, des compos de musiques électronique, re-graver des arrêts de pressage, des morceaux introuvables...

 

Toph' - Quelles ont été les principales difficultés à la création ? 

ViNyLoGUe - Je n'ai pas vraiment eu de grosses difficultés, j'avais de l'argent de coté; un petit home studio depuis 6 ans; je suis électronicien; webmaster à mes heures perdues, enfin bref, je disposais de tout les outils nécessaires.

 

Toph' - A l'heure actuelle quel est l'état du marché de la gravure à l'unité en France (concurrence, développement....) ?

ViNyLoGUe - La gravure à l'unité sur polyvinyle est assez récente, le premier francais à proposer ce service est apparu en novembre 2003 (Gravit). A l'heure actuelle nous sommes 3 à proposer ce type de service en France. Ce marché étant récent, et en plein essor, il faut du temps pour forger une réputation à un nouveau produit. Beaucoup de personnes comparent nos vinyles à l'acétate, mise à part que c'est une plate unique, la qualité sonore est équivalente, la grosse différence: la durée de vie. (50 passages maxi pour un acétate, alors que nos vinyles supportent largement 1500 passages, et sont scratchables).

Toph' - Pour en revenir à Vinylogue, quelle est votre méthode de travail ? 

ViNyLoGUe -
Nous disposons d'un appareil artisanal pourvu d'un diamant spécialement conçu pour la gravure du polyvinyle. Par défaut nous pouvons graver plus de 20 minutes par face, mais l'amplitude des signaux (volume, stéréo, bass...) diminue fortement ce temps, en fait tout dépend de votre master et du style musical. Pour ce qui est des périphériques, nous disposons d'un rack pourvu d'un encodeur RIAA, du Groove contrôleur (vitesse de gravure) et de la régulation de température du diamant, un ampli 2X400 W pour l'amplification du signal sonore, un Vu-mètre, un mixer analogique pour ajuster les EQ, volume, balance... un autre Yamaha 01 équipée de compresseur/limiteur, monitoring NS10 avec ampli Alesis RA100, divers softwares pour l'analyse des signaux pour le mastering.. 

 

Toph' - Quelles sont les différentes méthodes de gravures qu'il existe ? 

ViNyLoGUe - Pour graver un vinyle vous avez la méthode utilisée depuis le départ, un encodeur RIAA qui transforme le signal audio et l'injecte dans un saphir qui va créer le sillon sur le support, ensuite la matrice destinée au pressage sera crée. Un joli résumé sur cette page: http://www.worldvinyl.com/levinyle.shtml

 

Toph' - Quels sont les avantages/inconvénients de votre méthode ? 

ViNyLoGUe - L'avantage est que notre système est pourvu d'un diamant taillé pour graver le polyvinyle (matière présente a plus de 95% dans les disques commerciaux) ce qui en fait des vinyles aussi résistants que ceux sortis de presse. Cependant il n'y a pas vraiment d'avantages ou d'inconvénients avec notre méthode du fait que celle-ci soit identique à celle utilisée pour faire la "matrice" d'un pressage. Le seul inconvénient est que nous ne pouvons pas faire de la grosse série, maximum de 10 vinyles, après cela ne devient plus rentable par rapport à un pressage.

 

Toph' - Je souhaite faire une copie d'un vinyle d'un artiste sorti dans le commerce. Juridiquement comment ça se passe ? j'ai le droit ?

ViNyLoGUe - Pour le moment il n'y a pas de différences avec la copie CD, ce que je trouve dommage... En effet, pour la copie de cd tout le monde peut recopier a moindre coût, et cela génère beaucoup de piratages. Pour nos vinyles, il coûte en général 3 à 4 fois plus cher que les commerciaux... alors il n'y à aucun risque pour qu'une personne "abuse" de ce système. Maintenant la loi c'est la loi, tout copiste que ce soit, doit demander l'autorisation au préalable à la maison de disques, et verser 7.8% à la Sacem pour les droits d'auteurs. Si ce service n'a pas de buts commerciaux, c'est à dire que je peux me graver des vinyles ou les offrir sans faire de profits, sans demander l'autorisation.

 

Toph' - Mais comment de ton coté vas tu réussir à savoir si c'est une copie ou des morceaux nouvellement crées par la personne ?

ViNyLoGUe - Voila la bonne question, lorsque je la pose a une personne de la SDRM, c'est un peu ambiguë... Car honnêtement je ne peux pas savoir si c'est une prod où un morceau commercial. Donc le statut que j'ai en tant qu'artisan, "reproduction d'enregistrements sonores", j'aimerai bien connaître la définition exacte... Enfin, tout dépend de la franchise du client, je pensais faire signer un texte ou je décline toute responsabilité, mais même avec ça, c'est le copiste qui serai en tort, c'est a dire moi, alors voila, tout est gravé en "White label".

 

Toph' - L'avenir du Vinyle tu le vois comment ?

ViNyLoGUe - Selon un sondage récent de l'INSEE, il y aurait plus de 200 000 Dj’s en France ! (Professionnels et non professionnels inclus). Dans la plupart des grands rassemblements musicaux, on trouve toujours un DJ avec son flycase. Il est le point central, il fait une prestation technique, les gens ont du plaisir à l'écouter, l'observer.......cela demande un apprentissage et du temps pour maîtriser sa technique, comme pour un instrument. Le mixage sur CD n'est pas comparable... 

Personnellement je trouve que le vinyle s'apparente aux synthétiseurs analogiques, ils resteront toujours "actuels", les constructeurs essaient de concevoir des appareils numériques équivalents (final scratch, scratch numérique) mais au final, il y a toujours une différence sonore... enfin, je ne critique pas le numérique, tout dépend de ce que l'on veut écouter, c'est sûr que de la musique telle que le Jazz ou la musique classique est bien plus appréciable sur un CD. 

Voila, je pense que le vinyle a encore un avenir très prometteur, il fait partie de nos objets fétiches, que l'on soit jeune, adulte....

Le site internet : http://www.vinylogue.com/