
Sonic Area

(Audiotrauma - Strasbourg)
Le projet Sonic Area existe depuis 4 ans. Plus qu'une experience, il s'agit d'une quète qui a pour but d'elargir l'entrée d'un monde sonore vivant, donc imprévisible, sculpté à coup de sampler et de boite à rythme. Il s'agit d'un phénomène perturbé et instinctif qui oscille volontier entre calme et ultra violence en s'exprimant aussi bien à travers un elektro rythmique sauvage et industriel qu'à travers des ambiances lourdes et décadentes. Il décrit un univers sombre, rayé, transcendant et épileptique. Il ressemble à une usine désaffectée, un soir d'orage... Le style de Sonic Area est donc insaisissable puisqu'il est constament déchiré par une dualité interne.
Toph' - Pourrais-tu te présenter en
quelques lignes...
Sonic Area - Je suis
co-fondateur du collectif Audiotrauma au sein duquel je développe divers
projets sonores tels que SONIC AREA, F.Y.D. et CHRYSALIDE (avec mon frère).
BRILLIANT BEAST et moi, nous conceptualisons le visuel des flyers et de
certaines pochettes de disques.
Toph' - Comment es-tu arrivé dans ce
milieu ?
Sonic Area - C'est l'association
ABSURDE et l'agence ASCOLTA qui m'ont programmé les premiers dans des soirées
dans l'est de la France. Mais l'electronica que je faisais à l'époque s'est
durci de plus en plus. C'est à ce moment que mon frère, plusieurs amis
musiciens et moi avons décidé de créer Audiotrauma. Nous voulions créer une
musique électronique
dérangeante. C'est logiquement que nous nous
sommes intéressé à la musique industrielle qui était complètement absente
sur Strasbourg. Boudé par les programmateurs, nous avons organisé nos propres
soirées.
Toph' - Quelles ont été tes
influences ?
Sonic Area - Je suis influencé
par tout ! Au départ, je viens de la scène métal (Ministry, Nine Inch Nails,
Sepultura.) et puis un peu lassé, je me suis mis à écouter de l'électro
(Autechre, Scorn, Fragile.).
Globalement, je suis intéressé par tout
ce qui est alternatif et expérimental. La musique industrielle me semble être
le bon compromis entre ces deux périodes. On y trouve la rage et la répétition.
Elle représente à mes yeux la forme d'expression la plus corrosive et la plus
revendicative aujourd'hui. Elle est le reflet exact de notre environnement.
Cependant,
elle n'est pas complètement aboutie. Elle fusionne lentement vers quelque chose
de plus complexe et ambigu.
Toph' - Quelles sont les choses
qui t'ont amenés à faire de la production ?
Sonic
Area - Ce qui m'a amené à faire de la production est l'envie de faire des
choses de plus en plus précises. J'ai une façon composer très particulière.
Tout
se fait très rapidement et uniquement avec l'oreille. Toutes les données
techniques ne m'intéressent pas du tout. J'essaie de travailler de sorte à ce
que je fusionne avec la machine afin que tout devienne fluide, naturel et évident.
Toph' - Par rapport à tes 1er
lives, comment à évolué ta musique, ta manière de faire ?
Sonic
Area - Mes premiers lives était très ambients. J'étais terrifié par les
gens et je vivais ça plutôt mal. A l'époque, je ne connaissais pas du tout la
scène électronique. A la suite d'un live catastrophique, je me suis peu à peu
détaché de l'importance que j'accordais à l'image que les gens avaient de
moi.
J'ai opté pour une attitude et une musique plus Punk. L'idée est
de faciliter le processus pour que n'importe quoi se produise. Jouer sa musique
sur une scène représente pour moi l'ultime forme de liberté bien que je
compose toujours un concert en fonction de l'endroit et de l'horaire. Je suis
capable de faire de l'ambient, de l'electronica, de l'indus et j'utilise parfois
un micro. En fait, le style que je fais n'a pas beaucoup d'importance. Je me
concentre sur l'émotion des morceaux et j'essaye d'en dégager le noyau. Ma façon
de jouer en live est très frontale et très directe.
Toph' - Quelles sont tes
principales sources d'inspiration ?
Sonic Area -
Ma source d'inspiration principale, c'est le monde industriel et tous ses déchets.
Au sein d'Audiotrauma, chacun de nous explore cet immense tas d'ordures, de
merdes commerciales et en ramène des morceaux. Nous les assemblons, les
dupliquons dans un esprit de dénonciation et d'adaptation. Nous aimons
particulièrement cette affligeante propagande
qui nous pousse tous à
consommer. Nous en faisons une satire effrayante.
Toph' - Un mot aussi sur les sources
de tes samples ?
Sonic Area - J'échantillonne
principalement tout ce qui n'a rien à voir avec la musique que je fais. Ce sont
surtout les musiques de films, contemporaines et classiques.
L'album «
(insensé) » est intégralement composé de samples. Je n'utilise qu'un seul
logiciel depuis lequel je séquence et j'équalise.
Toph' - Quel style musical
donnerais-tu à tes lives ?
Sonic Area - En live,
je fais une sorte d'electro-industriel polymorph. Je ne fais jamais deux fois la
même chose. C'est une règle que je me suis fixé dés le départ. Cela me
force à innover, à perfectionner certains morceaux qui n'ont pas étaient
suffisement aboutis sur CD.

Toph' - Comment arrives tu à
concilier le calme et l'ultra violence dans tes lives ?
Sonic
Area - J'alterne souvent deux types d'ambiances dans mes lives : des séquences
calmes et des séquences anarchiques. C'est une façon pour moi de maintenir une
forme d'interaction avec le public. Je les observe et j'essaye de les provoquer
jusqu'au moment où la frontière entre eux et moi disparaît. Je cherche à
impliquer l'auditeur dans ce qu'il écoute,
à captiver son attention
par tous les moyens.
Toph' - Parles nous du concept
"INSENSE".
Sonic Area - L'idée de départ
fut de créer une rupture totale dans ma façon de composer. Je me suis
contraint à n'utiliser que des samples et à faire des structures simples et
accessibles en alternant morceaux ambients et morceaux rythmiques. Chaque
morceau faisait plus de 20 minutes au départ. Je les ai taillé de manière
chirurgicale afin d'en dégager l'ossature principale. Cela me permet d'être
plus libre en live lorsque je les interprète. Le résultat est glacial et
semble dépourvu de sens à la première écoute car le son est sec et
tranchant. L'expression « (insensé) » est aussi un pied de nez à tous ceux
qui n'ont pas soutenu mon projet et plus généralement à tous ceux qui
rejettent la musique électronique. C'est une façon de revendiquer le
droit
à la folie et à l'imagination et de dire : « Hé ! Nous sommes toujours
vivants ! ».
Toph' - Quel est ton regard sur la scène
industrielle ?
Sonic Area - Je suis content de
voir qu'elle se développe de plus en plus vite. Bien que j'aimerais y voir plus
de choses différentes. Beaucoup de projets sont clonés et cette effervescence
cache peut être un autre phénomène plus ambitieux. La musique industrielle
est très particulière car elle est le véhicule d'une contestation et d'un
rejet. J'aime à croire qu'elle
n'est pas qu'une simple musique parmi
tant d'autres mais qu'elle devient un outil de l'expression de ce
que
le monde moderne se refuse à admettre : l'oxydation de toutes les valeurs
occidentales. Elle semble décidée à naître et à mourir dans l'underground
et c'est tant mieux.
Toph' - Je crois que tu as déja
sorti pas mal de cd's ?
Sonic Area - J'ai fait 7
productions depuis 1999 ; dont 2 lives enregistrés à Dresden et à Strasbourg
lors de la première soirée Audiotrauma. A part « Insensé », elles sont
disponibles en CDR et en MP3. Elles sont très différentes les unes des autres.
Chacune d'entre elles recouvre un concept et un type de son propre. Cependant,
le soin apporté au rendu final
est absent. « Numerik » (2000) est très
electronica, tandis que les « crises labyrinthiques » est très sale et
perturbé. Je considère ces productions comme les fondements de « Insensé ».
Une sorte de parcours d'essai à erreur. Avec du recul, elles
m'apparaissent
comme des annexes plutôt que des projets complètement aboutis. C'est plutôt
motivant d'avoir le sentiment d'évoluer.
Toph' - Et y en à t'il un
prochain de prévu ?
Sonic Area - J'ai déjà prévu
d'en refaire un courant 2005. Il s'appellera « mea icaria ». Je l'imagine déjà
comme une sorte d'opéra industriel. J'aimerais m'entourer d'instruments
classiques et en tirer des sonorités industrielles en 5 mouvements qui
raconteraient une histoire. J'aime me fixer des objectifs impossibles.
Toph' - Quels sont tes futurs
projets ?
Sonic Area - En ce moment je participe
au mixage du nouveau TEN DATA KESHIN, j'enregistre un nouveau F.Y.D. pour
décembre
et je prépare mes prochains lives pour lesquels je travaille actuellement sur
des vidéos projections. Je compte également enregistrer prochainement un
CHRYSALIDE.
Pour écouter des MP3 :
http://twinkleaudiotrauma.free.fr/sonicarea.htm
Sonic Area : Insensé
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CD en vente 10 euros info et commande:
info@audiotrauma.org
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