
Oliver Santiago (Barcelone)

Tamara (notre reportrice) est fraîchement revenue de ses vacances en Espagne où elle est tombée sous le charme d’un pays, d’une langue, d’une culture et d’une histoire.
L'Espagne conjugue tradition et architecture moderne, c'est un des pays européens qui s’est le plus modernisé durant les 30 dernières années. Les églises et les vestiges de la civilisation Arabe côtoient des immeubles résolument modernes, les corridas y cohabitent avec les discothèques...
Un pays où les soirs d'été la fête est présente a presque chaque coin de rue. Olivier Santiago est justement l'un des nombreux artisans de ces fiestas espagnoles, résident du club le SOT à Barcelone, il fait partie des dj's les plus actifs de la métropole.
Aujourd'hui, Barcelone est l'endroit tendance, apprécié tant par ceux qui aiment se frotter à la musique techno ou ethno, brésilienne, africaine, que par les amateurs de bonne table "fusion" et "fashion" qui côtoient le marché de La Boqueria et des bouis bouis populaires. Dans des bars comme le "Pastis" et le "Marsella", jadis uniquement fréquentés par des marginaux, se pressent désormais des jeunes en bande qui s'enivrent à l'absinthe.
Tirés du fond de ses baguages Tamara nous livre ici le petit entretien qu'elle à eu avec Olivier Santiago. Celui-ci nous donne son point de vue sur la scène électronique de son pays.
Tamara - Qu'est ce qui t'as attiré dans cette musique et comment tu es venu dans
ce milieu ?
Oliver - Je suis arrivé dans le monde des dj approximativement en 1995-1996. J'ai
commencé à écouter de l' EBM, de la Trance de la techno. En 1996 j'ai commencé
un peu à toucher aux ordinateurs, aux séquenceurs et aux synthés, et
en 1997 j'ai eu mes premières platines.
Tamara - Quelles ont été tes premières influences musicales ?
Oliver
- Mes premières influences musicales furent tournées vers la hard trance, la techno et la
house.
Tamara - Que peux tu nous dire de ton parcours en tant que dj ?
Oliver
- J'ai mixé en « chill-out » sur les plages de Barcelone. J'ai été résident
pendant presque 1 an dans le club CLAP.
J'ai mixé dans quelques clubs de Barcelone, Mataro,
Badalona, puis par la suite j'ai organisé des raves dans les montagnes de Barcelone.
Et aujourd'hui je suis producteur dj
et je compose même des musiques pour des annonces publicitaires.
Tamara - Parles nous de ce club à Barcelone : Le SOT
Oliver
- Le SOT est un nouveau club ou je suis le responsable des relations publiques
et dj.
Nous organisons une teuf tous les mois dans cet établissement. C'est un club situé dans la montagne qui peut contenir 300 à 400 personnes.
Nous
en sommes au début de l'aventure donc pour le moment c'est un peu tôt pour
tirer des conclusion, mais quand nous aurons fait une dizaine de teufs ce sera différent ;)
Tamara - Comment qualifierais-tu le public espagnol ?
Oliver
- Depuis quelques années en Espagne et, plus concrètement à Barcelone, le
public connaît une espèce de fièvre folle pour toutes les fêtes où l'ont trouve des musiques électroniques, des dj's, des lives. Chaque fois il y a
plus d'offre mais aussi plus de demande. Ainsi tout le monde souhaite être dj et faire des disques mais il y en a peu qui y sont préparés.
Et ceux qui
sont préparés n'ont aucun type de promotion pour des questions indépendante de la
musique.
Le public espagnol s'en remet beaucoup au dj et à sa musique. Mais les
agences de dj's sont très fermées et il est très difficile de collaborer avec
elles.
Tamara - Quel regard portes-tu sur la scène électronique Espagnole, est-ce comme
en France, divisé entre les club et les free ?
Oliver - On ne trouve pas les mêmes personnes en club qu'en rave car ils ont des
conceptions différentes.
En club il y a le prix de l'entrée, la boisson. C'est plus cher que dans une
rave. Dans les clubs il y a un public très choisi, pas dans les raves. Dans la majorité des raves il n'y a pas d'entrée à payer et la boisson est bien
moins chère que dans les clubs.
Avec ceci déjà on peut se faire une idée des différences entre les clubs et
les raves.

Tamara - Et toi, que penses tu des soirées en club et des free? dans
lesquelles préfères tu mixer et pourquoi ?
Oliver - Je préfère mixer là où c'est le plus confortable, où l'on a le meilleur
son et où il y a les meilleures personnes. C'est plus facile de trouver ça dans
les clubs qui sont plus confortables et plus sûr. Mais j'aime aussi les raves. Comme tu le sais Tamara, il y a beaucoup de clubs et beaucoup de
raves donc dans les deux cas tu peux trouver des choses positives.
Tamara - Te sens-tu attiré par le public
français et si oui pourquoi ?
Oliver - La vérité est que je ne connais pas trop le public français, mais oui, ils
vivent avec moins de préjugés que nous et ils savent faire la fête la nuit.
Tamara - Peux tu nous donner quelques endroits de
"référence" à Barcelone? après tout les vacances approchent!
Oliver
- A Barcelone je te recommande : Club Nitsa (Sala Apolo), Club Loft (Sala Razzmatazz). Dans ces 2 clubs tu pourras trouver les meilleures
programmations de djs d'Europe.
Tamara - As-tu des projets pour l'année à venir ? des rêves à réaliser?
Oliver
- Mes prochains projets sont de faire un vinyle, faire ma promo et tenter de
collaborer avec des gens hors de l'Espagne.
Tamara - Si tu devais définir ton
style de mixe, que nous dirais-tu ?
Oliver - J'ai
commencé par un mélange de techno et de trance mais aujourd'hui je mixe
quasiment tous les styles de musiques électroniques : depuis le hip hop ( je
suis dj, compositeur et également producteur d'un groupe de hip hop) jusqu'au
downtempo, break, house, et à la techno.
Tamara - Entre le mixe,
l'organisation, la production, qu'est ce qu'il te plait le plus, et pourquoi ?
Oliver
- J'aime la musique et tout ce qui va avec. Je suis dj et producteur mais je
m'occupe aussi des relations publiques, c'est-à-dire que parfois j'organise des
évènements auxquels je participe. Je n'ai pas vraiment de préférences particulières.
Tamara - Quels sont tes meilleurs
souvenirs par rapport à tout cela ?
Oliver - Mes
meilleurs souvenirs c'est sont les moments ou les gens se sentent emportés,
sont excités et m'en demandent encore et encore plus. Souvent quand je fait des
de 1 ou 2h. de mix. Je sais ce que veulent les gens dans les clubs et je
leur donne.
Tamara - On à souvent dit à ce propos que l'offre allait faire exploser la diversité, hors ici en France c'est plutôt le contraire qui se produit, avec beaucoup de monde qui finalement fait la même chose pour parfois justement avoir une porte d'entrée dans un label ou une agence de DJ plutôt fermée. Quel est ton sentiment la dessus ?
Oliver - Je pense que depuis les années 90, les
agences de dj's ne confient que très peu de projets aux jeunes qui auraient
pourtant beaucoup à apporter. Je combats contre tout ceci puisque, comme tu
sais, le monde de la musique et l'art en
général dépend beaucoup des
contacts que chacun a.
Tamara - Au niveau de la production
quel est ton style ?
Oliver - Pfff, mon style ?? Je fais tout
type de raretés électroniques.
Tamara - Un petit mot pour finir ?
Oliver
- Et bien précisément je profite de cette interview pour faire un petit
appel, pour me contacter, vous devez vous adresser à : oliver.santiago@ozu.es
et moi ou mon manager nous nous mettrons en contact avec ceux intéressés.
Rapidement vous pourrez trouver quelques uns de mes travaux sur www.radiobriz.com. C'est le site d'un journaliste mythique qui a laissé la radio et a monté ce site web pour des djs-producteurs.

Un grand Merci à Tamara pour la réalisation de cette interview!