Mark N (Bloody Fist - Epk - Australie)

Mark N est australien...

Ex-membre du célèbre trio Nasenbluten, c'est l'un des papes du hardcore mondial. 12 ans d'activités dans la musique derriere lui !

Aussi doué comme DJ (il a été lauréat des Championats DMC australiens en 1998) que comme producteur (son label - Bloody Fist - est une référence incontournable pour tous les DJs hardcore de la planète).

 Il a récemment sorti un excellent CD mixé chez Epileptik (EPK MIX 7). 

L’essentiel de ce CD reste efficacement rythmique, et même si Mark ne rechigne pas à lorgner du côté de DJ/Rupture ou Venetian Snares, ni à ménager des ambiances avec les nappes sombres adéquates, ses mixes, un peu à l'image de Under Sufferance ravissent à chaque occasion les inconditionnels de breakbeats extrêmes et sans fioritures.

Mark N l'australien, vient trés rarement en Europe, il n'est d'ailleurs venu qu'une seule fois en France ! A ce propos sa participation à la Pulsamix 5 sera donc exceptionnelle. Mark N à accepté de nous accorder une interview, et vous avez été nombreux à lui poser des questions par l'intermédiaire de Rav'Est.  Aprés une synthése et un regroupement des questions, voici son interview :

 

Question - Quel est l'état de la scène hardcore en Australie et de la musique électronique en général ?

Mark N - La scène hardcore est plutôt réduite dans l'ensemble du pays. Sur la côte Est, Newcastel a connu une période faste dans le milieu des années 90 mais ça s'est beaucoup réduit depuis. Le plus souvent, on trouve des petites soirées underground dédiées au hardcore industriel et breakcore à Sidney et Melbourne et parfois quelques grosses soirées avec du hardcore hollandais à Sydney.

 

Question - Qu'est ce qui manque à la scène Australienne pour se développer encore plus ?

Mark N - Une meilleure densité de population.
L'Australie est un pays vaste mais peu peuplé. La population est massivement regroupée dans les villes principales mais il y a beaucoup de régions désertiques inhabitées. (note de la traductrice)

 

Question - Quel lien entretiens-tu avec ton Pays (l'Ausralie), qu'est ce qu'il représente pour toi ?

Mark N - L'Australie est un pays cool et facile à vivre avec pas mal de gens paresseux qui ont un style de vie relax. J'aime bien certains aspects de ce style de vie, mais j'en déteste aussi d'autres aspects. L'été y est véritablement caniculaire et souvent difficile à supporter. La vie culturelle locale est relativement pauvre et davantage tournée vers des importations américaines et européennes.

 

Question - Pourquoi on te voit peu jouer en Europe ?

Mark N - Parce que, depuis l'Australie, ça prend toujours beaucoup de temps et ça coûte très cher de voyager n'importe où dans le monde. Pour pouvoir venir en Europe il me faut donc nécessairement trouver plusieurs bookings pour être certain de rembourser le prix du billet d'avion et c'est pas facile à organiser.

 

Question - Quel est ton regard sur la scène hardcore en Europe ?

Mark N - Je ne la connais pas beaucoup puisque je ne suis pas venu souvent. Je pense que je vais en apprendre beaucoup grâce à cette tournée 2004. Ce que j'en perçois d'ici me donne l'impression que les choses sont assez compartimentées : les gens qui aiment le speedcore n'aiment pas le breakcore, etc… ça me parrait un peu étrange parce que, personnellement, j'apprécie des styles de hardcore assez différents car je trouve qu'ils s'enrichissent les uns les autres et produisent des mélanges plus excitants à écouter.

 

Question - Quelles ont été tes principales influences musicales ?

Mark N - En premier lieu c'était Art Of Noise, Kraftwerk, Several Heads puis il y a eu toute la veine Hip Hop et Electro des années 80 suivis de PCP, le hardcore - breakbeat anglais, l'acid et le gabber des tout débuts.

 

Question - Comment s'est formé Nasenbluten ?

Mark N - J'ai d'abord rencontré Aaron à l'université et nous avons découvert qu'on aimait la même musique (808 State, Severed Heads, la musique industrielle, etc…). David était un copain d'Aaron qui nous a rejoint plus tard. On avait tous des Amiga 500 et on adorait les sons distordus de cette machine, surtout le rendu des kick drums. On appréciait les premières productions de breakbeat hardcore anglais et la façon dont elles étaient faites par coupure et montage de boucles. Ensuite, on est tombés sur les premiers disques de gabber, au début des années 90, et on a immédiatement été conquis par ce genre de productions. En plus, la réaction de rejet d'une majorité des gens à qui on faisait écouter ça n'était pas pour nous déplaire !!! Ils trouvaient ça trop brutal et trop rapide et c'était justement ça qu'on aimait. C'est de cette combinaison d'influences qu'est né Nasenbluten au début de 1993.

 

Question - Quel souvenir gardes-tu de cette expérience (Nasenbluten)

Mark N - D'avoir pu jouer en Europe sur quelques bonnes soirées qui nous ont permis de rencontrer pas mal de gens intéressants qui aimaient nos disques (pour des raisons que nous n'avons jamais vraiment comprises). C'était dans le millieu des années 90 et ça a été une très bonne période.

 

Question - As-tu gardé des influences de Nasenbluten dans la musique que tu joues aujourd'hui ?

Mark N - Parfois mais pas tout le temps.

 

Question - Pourquoi le groupe s'est-il séparé ?

Mark N - Pour moi, Nasenbluten n'était représentatif que d'un certain son, d'une certaine époque dans les années 90. Nous sommes revenus jouer en Europe en 2001 et, à cette occasion, j'ai réalisé qu'il était temps de terminer cette aventure. Nous avions eu pas mal de problèmes techniques avec nos Amiga 600 qui étaient devenus obsolètes et j'ai compris que le hardcore avait beaucoup évolué depuis le début des années 90. J'ai aussi réalisé que le disque que nous avions fait pour Industrial Strength était sans doute notre meilleure production et qu'il serait difficile de faire mieux. Nous avons donc sorti l'album Dog Control en 2001 avec principalement des vieux morceaux inédits et nous avons fait un dernier concert chez nous, à Newcastel, en septembre 2001.

 

Question - Qu'est-ce qui t'a fait basculer vers la musique hardcore ?

Mark N - Parce que je refuse les règles qui sont habituellement admises en ce qui concerne la production de musiques faites pour danser et que je ne voulais surtout pas les utiliser.

Question - Quelle est la différence entre Mark N et Overcast ?

Mark N - Mark N c'est mon nom de DJ et Overcast le nom sous lequel je signe mes productions.

 

Question - Si tu devais t'exiler définitivement dans un pays, dans lequel ce serait et pourquoi ?

Mark N - L'Angleterre sans aucun doute.

 

Question - Pourquoi avoir signé dernièrement un mix sur le label Français Epileptik ?

Mark N - Parce qu'ils m'ont demandé si ça m'intéressait de faire un mix mais surtout qu'ils m'ont laissé la totale liberté de jouer ce que je voulais. En plus, ils m'ont bien payé pour ce travail, ce qui n'est pas le cas de tous les labels.

 

Question - Quels sont tes meilleurs souvenirs dans ce milieu ?

Mark N - D'avoir pu rencontrer et travailler avec beaucoup de gens très intéressants un peu partout dans le monde.

 

Question - Après 12 ans d'activité qu'est ce qui te motive à encore continuer ?

Mark N - J'arrive à peu près à vivre de ma passion sans avoir à faire trop de concessions et en restant fidèle à une certaine éthique personnelle. Je ne lâcherai pas ce privilège sans combattre de toutes mes forces !

 

Question - Si tu jettes un coup d'oeil dans le rétroviseur qu'est ce que tu retiens ?

Mark N - J'ai parfois été un peu trop naïf et trop expéditif dans mes décisions. J'ai aussi appris beaucoup, souvent à mes dépens, sur le monde cruel de l'argent, de la politique et de l'industrie en général. 

 

Question - Comment vois-tu le devenir de la scène hardcore en Europe ?

Mark N - J'aime beaucoup le style " DSP hardcore " de Mike P / Rude Ass Tinker. J'ai le grand espoir que des disques comme celui-ci contribueront à relever le niveau et à empêcher que le hardcore ne devienne de plus en plus chiant ! J'aimerais aussi que le hardcore prenne d'avantage d'influences de la Drum'n'bass et utilise plus de rythmes cassés en général.

 

Question - Quels sont tes projets pour la suite de ta carrière ?

Mark N - Remasteriser et represser la plus part des disques du catalogue Bloody Fist. Passer plus de temps à bosser la promotion et la distribution car il y a de plus en plus de disques intéressants qui sortent en Australie et qui auraient besoin d'une bonne distribution en Europe et aux USA.