Fred

 (Sens Inverse - Strasbourg)

 

Comme tout le monde, ou presque, Fred est un jour tombé amoureux....

Amoureux du Dubstep, un style de musique électronique encore méconnu, car encore tout récent.

C'est avec passion qu'il nous présente son collectif (Sens Inverse), le dubstep, ainsi que la soirée qu'il organise au Molodoï le 5 Mai prochain à Strasbourg.

 

Toph’ - Pourrais tu te présenter en quelques lignes ?

Fred - Salut, je suis Fred .
Je fais partie de Caterva et de Sens Inverse…

 

Toph’ - Depuis quand existe le label Sens Inverse ?

Fred - Le label Sens Inverse existe depuis bientôt 4 ans.

Celui-ci à été crée par les dj's / producteurs membres de Caterva (Noprod et manndibull ), Helixire et Ph6.

 

Toph’ - Sens Inverse, pourquoi ce nom ?

Fred - Nous avons choisi ce nom « Sens Inverse » en rapport à l’approche musicale que nous avions vis à vis de la scène free/ électro de l’époque. La plupart des dj's jouaient tribe ou hard-core et il était rare d’entendre du dub ou dubstep dans les grosses soirées.

 

Toph’ - Quel était donc son but ?

Fred - Nous étions une poignée a jouer break et dub sur Strasbourg, alors nous avons décidés de monter une association pour organiser des soirées avec un son « différent », ainsi qu’un label qui diffuserait notre son.

Nous voulions aller à l’inverse des courants dominants, nous voulions ralentir le tempo et insuffler plus de groove et de chaleur dans les soirées dites « dance-floor ».

 

Toph’ - Musicalement Sens Inverse est tourné vers les musiques électroniques alternatives. Pourquoi ?

Fred - Nous sommes tous issus d’univers musicaux très différents (reggae, funk, jazz, …).

Mais nous nous sommes tous retrouvé dans les concerts alternatifs de musique électronique, c'est-à-dire les raves et teknivales européens. C’était les seuls endroits et moments, ou l’on pouvait avoir la chance de jouer sur de gros sound-systems, juste en allant voir les gens derrière le son et en discutant.

Il y avait une curiosité, une urgence dans ces fêtes, que l’on ne trouvait plus lors des traditionnels concerts en salle.

 

Toph’ - Est ce difficile de "faire son trou" parmi la multiplication de labels à tendance électronique ces derniers années?

Fred - C’est vrai qu’il y a ces deniers temps, une multiplication des labels dit « electro ».

Mais il y a deux façons de faire son trou :

Celle qui consiste a prendre un style qui marche, a affûter un peu l’affaire et a suivre la vague, en produisant ce que les gens demandent …

Puis il y a celle ou tu choisis un chemin différent, ou le fait de proposer quelque chose de nouveau et d’inconsciemment attendu, devient plus attirants qu’une sauce connue. Bien sur tu récoltes les fruits plus tard, si par bonheur une scène se monte ….

Mais par bonheur une scène dubstep se monte en France, et nous somme un du premier label à produire un vinyle dubstep « from la France ». Notre vinyle s’écoule doucement mais sûrement, il n’y a pour nous plus qu’à assurer la suite …

Surtout que notre but n’est pas de se remplir les poches.

 

Toph’ - Oui, d'ailleurs tu ne nous l'à pas dit mais je crois qu'à l'heure actuelle le label à sorti un autre vinyle, ainsi qu'un cd mixé, c'est cela ?

Fred - Effectivement, nous avons sorti le deuxième vinyle du label. Celui-ci arrive 5 mois après le premier, et représente bien l’orientation actuelle du label.

 On y retrouve dessus deux traks d’Helixir, dans un style qu’il défini lui même comme du « dubtronic » + un track de Caterva, qui oscille entre le breakbeat et le dubstep, et enfin un trak de Mackoal, dj et producteur officiant au sein du duo Psykollir, qui nous offre un track dirty-pumpy-grimestep… ! tracks en écoute sur : http://www.myspace.com/sensinverse
http://www.myspace.com/manndibull

Effectivement, cette sortie vinyle est bien accompagnée de la deuxième sortie CD du label. Avec un live « hipop-crusty-dubby », de Manndibull, suivi de 4 traks dans la même veine dubstep, par Caterva, Grimjah, Seanmol et X-Gamer.

C’est d’ailleurs ce dernier (X-Gamer), qui s’ occupe du graphisme du label depuis le début. De plus, pour ce second opus, nous avons sérigraphié nous même les pochettes avec l’aide précieuse de l’atelier « Blancomneige », histoire de créer non seulement un objet agréable à écouter, mais aussi à regarder.

Toph’ - Que pense tu des problèmes de l'industrie musicale justement ?

Fred - Je pense justement qu’il n’y a pas de problèmes, dans le sens ou il faut sérieusement réfléchir aux supports musicaux, aux prix et à la diffusion.

Pour la France on ne peut pas dire qu’il y ait un sérieux marché du vinyle, comparé à l’Angleterre ou aux USA…

Il faut donc que les producteurs choisissent bien leur support. Lorsque l’on voit les dernières sorties de matos pour dj, il n’y a que des nouveautés pour mixer du MP3, de la WAVES, ou même mixer avec des Ipods.

Le vinyle est pour nous une sculpture, le son est gravé, ce sont pour les collectionneurs ….héhé.

Je ne pense pas qu’il ait beaucoup de gamins de 14 ans qui mixent encore sur vinyle. Mêmes les têtes d’affiches s'y sont mises.

Une dubplate en 2007 c'est un fichier WAVES !

Nous allons quand même continuer à produire des vinyles, car nous kiffons l’objet, qui reste magique. Mais dés le mois de Septembre, on aura monté notre shop en ligne, pour que les gens puissent downloader les dubplates de Sens Inverse en waves ou mp3.

Ensuite pour ce qui est de la production mainstream et de son « problème », ils n’ont qu’a se faire moins de tunes et vendre leur musique moins chère….

 

Toph’ - Justement, ne penses-tu pas que le mp3 (ou wave), du fait qu'il soit dématérialisé et de l'approche qu'en à le consommateur (piratage) pose un soucis au niveau de son développement ?

Fred - La dématérialisation du support musical, offre je pense au contraire, une réelle ouverture et diffusion à la musique en général.

Il n’est plus obligatoire qu’il y ait un rapport d’argent entre le créateur et le public. Ce dernier peut découvrir gratuitement n’importe quelle production, la faire connaître à son cercle d’amis, qui peuvent en faire de même, sans aucune restriction monétaire. Bien sûr pour ceux qui vivent de la musique, de sérieux problèmes se posent. Mais cela force l’industrie du disque a avoir plus d’imagination pour proposer des artistes que les gens ont envie de supporter.

Et puis je pense que c'est un juste retour de bâton, lorsque l’on voit qu’un CD a l’heure actuelle coûte autour des 20 euros a la FNAC, et que pour une grande partie des producteurs, la musique est purement un buisness... et bien c'est le « peuple » qui les remet a leur place grâce au piratage !

 Il y a beaucoup trop d’intermédiaires entre le musicien et le public. Désormais, l’artiste peut créer lui-même son album numérique, en faire la promo et le vendre lui-même dans le monde entier sans l’intervention de « requins » qui ne s’occupent que de se remplir les poches sur un buisness dans lequel ils n’amènent rien de positif .

On voit bien l’influence de l’argent dans le monde hip-hop, qui est parti totalement en couilles ces dernières années….et ce n’est que l’exemple le plus flagrant.

De plus le public ne se limite pas à commander ce qu’il voit à la TV, mais il se donne la peine d’aller fouiller sur les forums, shop mp3, car il sait qu’il peut trouver des pépites ! C’est entré dans les mœurs… « find it yourself » ….

 

Toph’ - Pour ceux qui ne connaissent pas présente nous un peu le dubstep...

Fred - Le terme dubstep, est apparu en Angleterre vers 2002.

Les producteurs et le public commencaient a tourner en rond sur le garage et la drum'n bass.

 C’est alors que sont apparu de jeunes producteurs d’à peine 20 ans. Ils proposaient une approche plus groove et dub de la musique dite « massive ».

Ils dessinaient un nouveau dance-floor, profond et méditatif.

Ce son est une équation parfaite entre des beats hipop et reaggae/dub qui soutiennent d’énormes subbass et synthé style drum’n’bass.

La grosse différence se fait dans le tempo (140 bpm) et dans le rythme qui est haché, minimal.

L’ambiance ressemble à du dub, mais break. Ce son doit être joué sur de gros sound-system ou l’on peut « éprouver » les subbass car c'est la que se cache la puissance de ce style.

Les meilleures raves en Angleterre, sont à l’heure actuelles les DMZ, ou le public vient en masse pour vivre un voyage deep et massif !

Pour nous l’émergence de cette scène signifiait que les gens étaient prêt a recevoir du downbeat, qu’ils avaient compris que plus le son est lent, plus il doit être profond et groove sinon il ne se passe rien.

 

Toph’ - Que faudrait t'il aujourd'hui pour que ce mouvement Dubstep puisse se développer plus rapidement en France. Beaucoup de choses j'imagine ?

Fred - Pour l’instant le dubstep se développe à bonne vitesse.

Il y a des soirées dans chaque grosse ville de France. Une base de producteurs s'est crée, des nouveaux labels français vont bientôt apparaîtrent, le public découvre doucement mais positivement cette nouvelle vibe …et puis le but n’est pas de faire une énorme scène, qui rentrerai forcement dans un buisness.

Mais plutôt de conquérir tout doucement un large public métissé entre roots et teckno, en utilisant la diffusion de mp3 et en jouant un maximum dans l’hexagone avec la bonne vieille recette sound system chill out lors des festivals …

Nous avons quelques années de bonheur devant nous avant qu’un gros tube dubstep mainstream ne sorte et se retrouve dans nos vieilles « discothèque » française …lol !

 

Toph’ - En tout cas ceux qui ne connaissent pas pourront découvrir ce style début Mai à Strasbourg c'est cela ?

Fred - Exact !

Pour cette dernière soirée au Molodoi avant l’été, le label invite les représentants de la scène dubstep française.

Avec Synatic, qui a ouvert le premier forum dubstep en France / Greg.G qui s’occupe de « dubstep fm » sur Nantes / Likh’an, qui organise des party sur Marseille et qui anime une émission de radio exclusive dubstep.

Accompagné de dj Leekid, qui gère l’émission « Nomad’s » sur radio404, et le crew Sens Inverse, avec Caterva / Beature / Helixir, pour terminer sur du breakstep/breakbeat/afrodubs.

Cette soirée à lieu le 05 MAI, au Molodoi à Strasbourg.

Start 22H pour un prix d'entrée de 5 euros.

Et pour ceux qui veulent découvrir ce style, ils pourront venir éprouver la puissance du SUB sur le sound system de F.T.S. (fat’n’terrible sound !), et capter la vibe dub du futur jusqu’au petit matin…

De plus les dj's qui viennent a cette soirée, détiennent tous les derniers dubs sorti en digital et vinyle, et sont habitués a brûler les dance floor !



Toph’ - Quels les projets du label pour cette année 2007 ?

Fred - Les projets pour cette année, sont la promotion du vinyle dubstep et du cd de «Manndibull ».

Promotion qui passe par trouver des dates pour nos artistes, proposer des plateaux participer à des shows radio, passé du temps sur le net, etc…

Quelques soirées pour cette été dans des lieux ouverts et naturels…on vous tiendra au jus…

Pleins de dates pour tous les dj/ live du label Paris, Rennes, Marseille, Toulouse…..

Et puis des Septembre lancer la sortie du vinyle Sens Inverse 03, avec des tracks des nouveaux du label : Psykollir et Beature, accompagné d’un cd. Plus une sortie d’un vinyle et cd spécial Caterva, feat A.Bomba + mc Baal+ guest…+ sans doute une compile des productions dubstep du sens inverse crew mixé par le duo Psykollir….

Voila,
Et n’oubliez pas …

Le dubstep est plus qu’une musique, c’est une expérience !

 

"Dub Station" - Le Molodoï - Strasbourg

Samedi 05 mai 2007