
Al Core (Epileptik - Toulouse)
At Home (notre reporter) s'est entretenu avec Al Core, de passage à Metz lors de la soirée "Centrum" à Metz. L'occasion de prendre de ses nouvelles et de prendre également connaissance de ses futurs projets...
At home - Pour commencer, pourrais-tu revenir sur ta carrière, notamment tes débuts avec Micropoint ?
Al Core - J’ai donc commencé à écouter de la techno en 88 et 4 ans plus tard, j’ai commencé Micropoint, avec Radium, pour monter un projet hardcore, qui nous emmène jusqu’en 2001. On a commencé direct avec du hardcore car c’est cela qui me plaisait le plus à l’époque, avec Neurophonie, puis avec Anesthésie internationale. J’ai vraiment entamé ma carrière solo en 2001, avec un album gabberen 2003 (Body Hammer) et à venir un projet prochain album en 2006 sous le label Epileptik et en 2007 un autre en solo.
At home
- On arrive à un moment où tout le monde lève un peu le pied…
Al Core - Non, je ne lève pas le pied…
At home - Tu restes toujours sur des sonorités dures …
Al
Core - Parce que, c’est comme ça, j’aime ça, voilà…Qui aime bien châtie bien, moi j’aime mon public, donc je le châtie bien !(Rires) Non, plus sérieusement, pourquoi je ne ralentis pas, parce qu’on arrivé dans un style dérivé du French Core, puisqu’on doit « étiqueter » ce qu’on fait, malheureusement, on est arrivé à l’étiquetage, bon, le « French Core » c’est pas ce que je préfère le plus, mais ça permet peut-être au monde de se repérer aussi…
Moi, je suis toujours dans une phase speed, en même temps un peu plus « dark » et « breakée », maintenant, je commence un peu à tolérer de mettre quelques pieds pas droits dans ce que je fais avant c’était vraiment très linéaire. Avant Micropoint c’était vraiment linéaire de chez linéaire, et moi, si tu veux, j’ai hérité de ça, et c’est après que je me suis dit pourquoi pas, c’est vrai qu’après Micropoint, j’ai écouté plusieurs styles de musiques et plus directement de la Drum & Bass, en fait, grâce à un copain, Mc Youthmann. On a repris un projet ensemble en d’n’b qui était pas très heureux, j’ai vu que c’était pas mon truc, j’ai vu que c’était un métier (rires). Par contre ça m’a beaucoup inspiré cette musique, break, breakcore, d’n’b, des trucs qui sortent de l’ordinaire.
At home - Si ça tape, ça doit être pour ton public, tu as dansé à un moment ?
Al
Core - J’ai dansé jusqu’en 94 à peu près, de 18 à 24 ans. Après je me suis mis à produire, produire, produire, … J’aime encore bien sauter en l’air sur des sons, mais c'est vrai que la façon de danser aujourd’hui dans les teufs est très différente de celle qu’on avait y’a 15 ans. Maintenant c'est beaucoup plus physique, tu vois les gens sauter les bras levés, c'est très « ensemble » aussi, très linéaire, alors qu’avant la danse sur la techno c’était des mouvements fluides, beaucoup de fluidité.
At home - On parle musique toujours, tu disais que tu avais des projets pour 2006 ?
Al
Core - Oui, c’est surtout l’album sur Epileptik, on fait un Al Core featuring Epk, avec différents artistes d’Epileptik, à commencer par Nitric, un des plus emblématique en ce moment, et puis les petits gars de la relève, enfin, je dis les petits gars, ils ont le même age que moi… Concept album avec les différents artistes déjà signés chez Epk et moi même.
Et c’est parti du projet Chappy the Plumber, c'est-à-dire Chappy et moi, et là on va sortir le prochain vinyle d’Epileptik, Epk 36, c’est le Chappy the Plumber volume 2, avec historiquement la suite des morceaux qu’on a vu sur le 1er Chappy, le Epk 01.
At home - C’est un retour au source ?
Al
Core - Ouais un peu, et donc après ce vinyle on s’est dit on va pousser le délire jusqu’à faire un album, le prochain album d’Al Core, chez Epileptik.
At home - T’as pas l’impression de faire une musique pour jeunes toxicomanes en manque de sensations fortes ?
Al
Core - Euuuuuh, jeunes toxicomanes, euh, on va dire, c’est vraiment une tendance d’aujourd’hui de considérer que les jeunes qui vont en soirée sont toxicomanes, ce que je n’étais pas quand j’ai commencé, mais j’étais par contre très avides de sensations fortes. G toujours écouté des musiques industrielles, du bruitisme, des musiques supers hards, J’ai toujours été avides de sensations fortes et à 16 ans je ne me droguais pas. Maintenant c’est vrai que les jeunos ils se droguent de plus en plus jeune, et bah, c’est parce que maintenant on peut trouver aussi des produits sur le marché plus facilement.
At home - Donc t’as pas l’impression de participer à tout ça, c’est plus un mouvement de fond…
Al Core - Moi je considère que les gens doivent faire leur prise de conscience et leur autodiscipline, je suis pas là pour les « driver ». Je suis là pour faire de la musique, c’est mon boulot. Après, après, malheureusement ils font ce qu’ils veulent, y’a personne pour les empêcher de se droguer trop. Encore se droguer, on va dire, c’est pas une calamité en soi, tant qu’on se drogue pas tous les jours ou jusqu’à la mort. Non, la solution à ça elle est vraiment dans l’autodiscipline des gens, dans la prise de conscience. J’ai déjà fait quelques morceaux à message contre la drogue mais si tu veux c’est pas contre la drogue, mais pour parler, un petit peu, du problème que ça peut poser. Mais maintenant c’est pas non plus mon rôle de faire de la musique à message, j’suis là pour faire danser les gens. Si les gens viennent pour la musique ça va, mais c’est vrai que beaucoup viennent quand même dans l’esprit de se droguer. C’est normal, c’est la tendance consumériste qu’il y a maintenant dans les teufs, on consomme de la techno, on consomme de la rave, c’est à la mode, on consomme de la free party, on consomme un mouvement. On ne créée plus un mouvement actuellement, là le mouvement il est en pleine phase de consommation.
At home - Tu mixes dans les teknivals, tu es passé à Dreux ?
Al
Core - Ca m’arrive, mais en fait j’suis pas tellement appelé sur les teknivals, donc après c’est au petit bonheur la chance, mais c’est vrai que ça fait longtemps que j’ai pas mixé dans un teknival. Depuis que c’est Sarkoval j’y vais pas.
At home - C’est le fait que ce soit l’état qui paye …
Al Core - Ouais, ouais, je trouve ça scandaleux, proprement scandaleux. On est face à une OPA sur une culture, OPA sur un mouvement de la jeunesse, et là l’Etat fait son OPA. Je ne critique évidemment pas les gens qui y vont, je critique le concept et le concept c’est une grosse fête foraine. Tant qu’à faire je vais aller à la fête foraine pour ça. Mais heureusement on trouve encore dans les teknivals ce qui fait un des terreaux de la scène underground française. Y a beaucoup de futurs talents qui s’expriment dans les teknivals.
At home - Tu parlais de musiques indus, tu vois pas des passerelles entre le hardcore et le métal, au sens large ?
Al Core - Je n’ai pas la prétention d’avoir une grosse culture métal, je suis pas un spécialiste, mais j’aimerais bien. En fait je suis en train de réfléchir à ça avec mon pote du label Golgott, DJ Trypod, on réfléchit à un label où on pourrait mélanger métal et hardcore. Mais ce n’est pas évident, il faut une très bonne culture métal et pour l’instant je n’ai pas réussi à trouver un interlocuteur valable qui pourrait me conseiller, éventuellement m’aider et que je pourrais emmener dans mon trip.
Interview d’Al Core « Centrum » 24 Septembre 2005 aux Trinitaires, Metz
Remerciements : Al Core - Vellalakava