
Adel (Ascolta - Dijon)
La cinquième édition de la soirée Pulsamix qui se déroulera le Samedi 9 Octobre sera aussi la toute dernière ! A cette occasion on à invité Adel qui gere l'organisation et plus amplement le coté artistique de la manifestation.
Toph' - Pourrais tu te présenter en quelques lignes ?
Adel - Hum… difficile de résumer 12 ans d'activités dans le monde magique des musiques électroniques en quelques lignes seulement !!! pas facile non plus de se présenter brièvement quand on a plusieurs fonctions et des activités diversifiées dans le domaine musical !!! Disons, pour aller vite, que je suis responsable d'une agence de booking (ASCOLTA) qui a trois types d'activités principales (plus d'autres activités complémentaires) :
1) la gestion de tous les bookings de certains artistes (qui préfèrent avoir un bookeur attitré qui centralise tout plutôt que de gérer eux même leurs bookings au coup par coup).
2) la gestion à la demande des bookings d'artistes non exclusifs pour le compte des organisateurs de soirées qui me délèguent la partie administrative du travail (signature des contrats, déclaration et paiement des charges sociales, organisation des voyages, etc…)
3) la direction artistique d'un plateau complet et/ou l'organisation d'une soirée pour le compte d'un festival ou d'une salle de spectacle (comme c'est le cas de la Pulsamix pour le NJP).
Toph' - En général de quel coté te sens tu plus à l'aise : organisateur ou directeur artistique ?
Adel - Les 2 mon capitaine !!! parce que je pense que ce sont les 2 revers d'une même médaille. Bien sur, j'aime travailler sous l'une ou l'autre de ces casquettes seulement, mais c'est quand j'ai la possibilité de faire les 2 en même temps que je me régale le plus parce que ça me permet d'obtenir un meilleur résultat final. J'ai appris par expérience combien chaque détail compte dans l'organisation d'une teuf, si on veut se donner toutes les chances de la réussir. En m'occupant à la fois de la programmation artistique et de l'organisation technique sur le terrain, je peux vérifier par moi-même que tout roule comme prévu, que les artistes et le public trouveront le meilleur accueil et les meilleures conditions possibles pour jouer et faire la fête, que le staff technique travaillera dans de bonnes conditions et que la soirée sera de bonne qualité, ce qui me semble essentiel, surtout si on veut durer. Je déteste me retrouver, en tant que public, dans une soirée musicalement médiocre, mal organisée et inconfortable, où je sens que les organisateurs ne sont là que pour me prendre de la thune et se foutent de ma gueule. Alors quand je suis dans la position d'organisateur, je fais de mon mieux pour que ça soit bien.
Toph' - Comment tu te tiens au courant de l'actualité musicale, de l'actu et tendances des artistes pour monter un plateau artistique. J'imagine que tu sors beaucoup.
Adel - Oui, bien sur, aller voir les artistes sur scène, c'est primordial mais ce n'est pas la seule source d'information. Je visite régulièrement beaucoup de sites web (Rav'est en tête ;-) dédiés aux musiques électroniques (et pas seulement au Hardcore car je m'intéresse à tous les styles musicaux). Je suis aussi abonnée à plein de newsletter de diverse provenance : agendas de salles de concert, infos d'organisateurs de teufs, d'agences de booking et de labels, listings de diffuseurs et de magasins de disques, magazines spécialisés, etc… je passe pas mal de temps à éplucher et à classer toutes ces infos et, bien évidemment à écouter les disques et les démos que je reçois. Ensuite, je choisis d'aller dans les teufs dont les plateaux me semblent les plus intéressants pour pouvoir juger par moi-même de la qualité des prestations, non seulement des têtes d'affiches mais aussi des jeunes artistes pas connus (car c'est souvent là qu'on découvre des jeunes talents à suivre). Il m'arrive aussi d'aller écouter des artistes que j'ai prévu de programmer mais dont je préfère vérifier de visu qu'ils correspondent bien à ce que je recherche, artistiquement et humainement parlant. Et puis je discute aussi beaucoup avec d'autres organisateurs de soirées car c'est toujours enrichissant et intéressant de partager les expériences des autres.
Toph' - Comment et pourquoi la grande histoire des soirées "Pulsamix" a-t-elle commencée ?
Adel - La présence des musiques électroniques au sein du NJP est née de la volonté de son directeur, Patrick Kader, d'élargir la palette musicale du festival à d'autres styles que le seul jazz qui était sa première vocation à l'origine. Après avoir testé différentes choses (de la soirée House sous chapiteau à la grosse teuf techno au Zénith) qui n'avaient pas toujours donné les résultats espérés, l'idée d'une soirée dédiée au hardcore, programmée dans une grande salle, m'est apparue comme réalisable puisque, à l'époque, les gros évènements hardcore étaient encore assez rares alors que le public amateur de ce style se faisait de plus en plus nombreux dans la région. Comme j'avais bossé sur le festival l'année précédente, j'ai proposé à Patrick Kader de prendre en charge le booking et l'organisation complète d'une teuf Hardcore au Zénith et la 1ère Pulsamix a vu le jour en 2000.
Toph' - Parle nous de l'édition de ce 9 Octobre...
Adel - Comme je l'ai écrit sur le flyer, ce sera une sorte de Best Of puisque j'ai demandé à certains artistes qui avaient déjà joué sur les précédentes Pulsamix de participer à cette dernière édition. Je suis ravie que certains aient accepté de jouer en versus, ce qui n'est pas si évident que ça à faire et qui va certainement donner un excellent résultat. Je suis également très contente d'avoir pu booker Mark N qui est l'un des papes du hardcore mondial et dont la venue en Europe est tout à fait exceptionnelle. Dans l'ensemble, je suis plutôt satisfaite du niveau musical de cette édition et je pense que l'ambiance va être très bonne, car ça va être l'occasion de réunir plein de gens qui se connaissent et s'apprécient et je sais que, quand les artistes sont contents de se retrouver et qu'ils font la fête ensemble dans les backstages, ils communiquent plus facilement leur bonne humeur au public et se surpassent quand ils montent sur scène. Dans ces conditions, on a vraiment tous les bons ingrédients pour réussir cette soirée.
Toph' - Peux tu nous confirmer que ce sera bien la dernière Pulsamix de l'histoire ?
Adel - Oui, je confirme. La décision a été mûrement réfléchie. Elle a fait l'objet de plusieurs discussions entre le directeur du festival et moi-même et nous avons longuement pesé le pour et le contre avant de nous décider mais c'est irrévocable. La Pulsamix 5 sera donc bien la dernière Pulsamix.
Toph' - Pourquoi ?
Adel - L'expérience m'a appris que, dans le monde de la musique et du spectacle, tout concept de soirée, même le meilleur qui soit, doit être constamment remis en question, amélioré et surtout renouvelé car il faut toujours éveiller la curiosité du public, le surprendre agréablement, lui donner satisfaction et même, aller au-delà de ses espérances. Dans les métiers du spectacle, même si l'habitude est une bonne base sur laquelle on peut monter des projets, trop d'habitude risque de devenir une routine et, dans ce domaine, il n'y a rien de pire que la routine. Et justement, ce que le public attend lorsqu'il décide d'aller en teuf : c'est de sortir un peu du train-train quotidien et faire le plein d'émotions et de sensations fortes.
Par ailleurs, on constate qu'il y a de plus en plus de grosses teufs hardcore dans la région et que, même si de nouveaux DJs arrivent régulièrement sur cette scène musicale, les têtes d'affiche ne se renouvellent pas aussi vite qu'on le croit. Le danger était donc de me retrouver plus ou moins contrainte de programmer des plateaux ressemblant trop à ce qui a déjà été fait ou à ce que d'autres organisateurs programment également.
Comme le NJP s'est constamment attaché à susciter l'intérêt du public en se renouvelant dans sa programmation et que la Pulsamix a toujours souscrit à cette démarche, nous avons donc préféré mettre fin à cette série, en programmant une dernière édition en forme de best of, pour terminer cette aventure sur une note positive et que le public puisse en conserver un bon souvenir.
Pour 2005, j'ai déjà quelques idées en tête mais rien n'est décidé. On va d'abord attendre de voir ce que cette dernière Pulsamix va donner et prendre le temps de la réflexion avant de repartir sur un nouveau projet. Mais je pense que les musiques électroniques ne disparaîtront pas de la programmation du NJP et qu'on aura du neuf à proposer au public l'année prochaine.