Paul Nazca

Scandium Records

 

A l'occasion de son passage au Palm Beach à Nancy/Maxéville à la fin de ce mois d'Avril (voir flyer en bas de page), petit coup de projecteur et interview de Paul Nazca, créateur d'un des plus importants labels français : Scandium Records.

 

Un personnage atypique.

Un DJ qui vit volontairement retiré dans la campagne du sud de la France, dans un moulin, au milieu des oliviers - il produit d'ailleurs de l'huile d'olive avec son frère ! - mais qui concocte une musique urbaine à souhait.

Un musicien qui depuis son premier maxi, Mouvement, paru en 2000, s'est toujours moqué des modes, préférant développer une patte singulière, imparablement dancefloor, marquée par des accents rave et mélancoliques.

Un producteur discret, qui fait à chaque fois mouche avec ses sorties, et qui reçoit le soutien des plus grands, de Laurent Garnier à Ellen Allien récemment.

Au fil des années, au fil des disques, Paul Nazca s'est imposé ainsi, discrètement, sûrement, comme l'un des acteurs phares de la scène électronique dansante et indie.



Au commencement était l'acid-house

Tout démarre à la fin des 80's, le Français est encore un enfant, il s'éprend des sonorités acid house découvertes sur les ondes radiophoniques. Il n'a jamais dansé en discothèque, il n'a d'ailleurs absolument pas l'âge d'y entrer. Qu'importe, seul dans sa chambre, à Fontvieille (un village, près d'Arles, qu'il habite toujours), le jeune Paul s'informe autant que possible sur ces nouvelles musiques. Il décortique les magazines spécialisés, achète quelques machines, des platines' Et il apprend, tenace, en autodidacte, petit à petit.



Scandium

Au milieu des 90's, le jeune homme fréquente désormais le monde des raves. Il ne danse toujours pas, mais il se passionne encore plus pour la composition électronique. Il se lie d'amitié avec André du groupe Virtual Age, un duo alors en vue dans le Sud. Avec ce dernier, il peaufine son apprentissage. En 1999, les deux garçons passent à la vitesse supérieure et créent leur propre label : Scandium.

Dès ses premières sorties, la petite structure est plébiscitée par des pontes du genre : Laurent Garnier, Funk D'Void, The Hacker, Technasia, Angel Molina'
Scandium, avec Paul Nazca, Ultracolor (le pseudo d'André), Southsoniks ou Bastien Grine, déploie une tonalité fraîche, dynamique, et incarne, avec les labels Ozone (Kiko) et Goodlife (The Hacker, Oxia), le renouveau de la techno hexagonale.



Les musiques de mon moulin

En 2003, Paul Nazca sort son premier album, Les musiques de mon moulin. Il y parcourt, avec grâce, ses thèmes de prédilection : techno old-school, electro pure et dure, exercices rave, ballades sombres et oniriques.

L'accueil est dithyrambique. La carrière de Paul Nazca franchit une nouvelle étape. Les bookings s'enchaînent et Paul Nazca parcourt le monde comme DJ. Derrière les platines, il fait preuve d'un sens précis de l'éclectisme, passant en revue, avec une cohérence sans faille, sonorités de Détroit, break beat hystériques, tubes des 90's et productions contemporaines.



Pictures of Now

En 2006, Paul et André lancent avec succès, sur Scandium, la série de CD mixés Pictures of Now. Les premiers volumes sont réalisés par Delon & Dalcan (le nouveau projet d'André, sur le label Boxer), par Oxia puis par le pionnier de la techno Allemande Marc Romboy.

De son côté, Paul Nazca signe un joli coup en sortant d'affilée trois maxis sur les labels phares F'U!FCom (Ranran), Boxer (Scandale) et BPitch Control (Nice To Be Here) ! Excusez du peu' Des disques où l'on retrouve son grain analogique typique (Paul Nazca compose "à l'ancienne", uniquement en hardware), son goût des mélodies exquises et d'une danse précise, hypnotique et éminemment sensible.

Un personnage atypique.

Et on ne peut plus incontournable aussi.   

 


 

Petite interview avec Paul Nazca.

 

Merci à Paul Nazca et Charlène pour la réalisation de cette interview.

 

Toph' - Présente nous tout d'abord un peu ton actualité du moment. Je crois que justement quelques sorties ont sillonnées l'année 2006 et que d'autres sont prévues en 2007 ?

Paul - Oui j’ai repris de l’activité en avril 2006 avec la sortie du F.U 246 sur Fcom, suivi du boxer 41 qui a super bien marché, le Bpitch 138 à la fin octobre pour terminer l’année sur un enchaînement de dates intéressantes.

2007 sera productif aussi, car ce mois-ci sort le Giant wheel 35 suivi d’un rmx sur mon label scandium d’un artiste très prometteur « Maxime Dangles », qui nous a fait 2 beaux maxis pour mai/juin ; j’ai également un projet sur Harthouse, un nouveau Boxer, Giant wheel ainsi qu’une compil mixée sur scandium « picture of now 4 ». Un DJ/semi live en préparation pour cet été. Ce système consiste à envoyer et mixer des tracks inédits dans mon set à partir d’Ableton Live et une table de mix semi midi.



Toph' - Scandium est un des labels français les plus reconnus depuis pas mal d'années. Comment se porte t'il dans cette passe un peu mouvementée pour la musique électronique et les ventes de disques ?

Paul - Il s’accroche comme il peut car c’est vrai que les temps sont durs..

On produit toujours du vynil mais avec une cadence beaucoup moins élevée. On a une série de compiles mixées « cd » qui fonctionnent plutôt bien, ce qui nous aide en partie à tenir car à notre niveau, sortir que du disque n’est pratiquement plus possible.

Trop de frais pour très peu de ventes.

Cette compile a notamment fait intervenir des artistes de renommée comme Oxia, D&D ou encore très récemment Marc Romboy.



Toph' - Depuis tout ce temps tes sensibilités musicales ont t'elles sensiblement évoluées ou c'est toujours plus ou moins le même Paul Nazca qu'à ses début ?

Paul - Je pense toujours être le même, mais il faut savoir s’adapter un minimum tout en gardant sa personnalité ce qui n’est pas toujours évident. Rester dans un son sans voir ce qui se passe autour n’est pas très bon pour son image et son public. C’est bien de savoir évoluer tout en restant soit même.



Toph' - Cela fait longtemps que tu n'est pas passé par Nancy. On te voit surtout beaucoup dans le sud de la France Quel souvenirs gardes-tu de cette région ?

Paul - C’est clair et bien dommage!

Dans le sud, on a énormément de clubs qui diffusent de la musique électronique, c’est donc pour cela que je tourne pas mal, mais en même temps, je fais attention de ne pas y être tous les week-ends car à force les gens se lassent, ce qui est compréhensible.

En France je remarque que à part le sud et la capitale, peu de chose se passe et je trouve ça dommage. Un très bon souvenir du terminal export bien sûr ;) et puis d’autres soirées dans le coin mais c’est trop rare.



Toph' - Comment vois-tu l'évolution du label ces prochaines années ? 

Paul - Calme à moins de sortir le tube ! On est là pour un bon bout de temps encore mais on ne sait jamais ce que le futur nous réserve.. Le vynil est la base, donc je pense que lorsqu’il disparaîtra, le label en fera de même à mon avis, mais il a encore pas mal d’années devant lui, j’en suis sûr :)

 

A venir en 2007:

Legende EP (Giant Wheel)

Pictures of Now Vol IV (Scandium)