BULGARIE

 

Authentique, sportive, culturelle, historique, ensoleillée, reposante... la Bulgarie est multiple.

C'est un pays d'une culture musicale extrêmement riche et qui a cette particularité de vivre avec son folklore profondément tout le temps, ce que la France a complètement oublié depuis plusieurs siècles. 


La vie nocturne bat son plein à Sofia, la capitale, mais aussi sur la côte de la Mer Noire, et dans les stations de ski. Les amoureux fuiront la ville, pour préférer les villages de charme, tels Koprivchtitsa, Bojenci, Bansko ou Tryavna. 

Les casse-cous opteront pour l’adrénaline en parapente dans le Balkan, ou en cordée sur le calcaire de Vratsa, avant de se poser sur les plages des Sables d’Or, Albena ou la Côte du Soleil. Le citadin empruntera la route des monastères, en quête de sens et de tranquillité. L’amateur d’art ne manquera pas le concours de ballet de Varna, et les festivals de musique classique et de jazz en plein air…

Arthur Cemin, réalisateur, décrit un peuple extremement chaleureux : "J'ai senti quand même une espèce de … pas de mélancolie, mais de détresse dans la façon dont les gens étaient contents de nous voir faire un film sur la Bulgarie. « Vite, faites- le, changez l'image qu'on a ! Regardez ce qu'on a de bien et filmez le vite avant que ça disparaisse ! » Donc, j'ai senti comme... une urgence.

Vivant à Sofia Peter découvre la musique electronique quand en 1998 le rap et le hip-hop étaient les styles de musique les plus écoutés en Bulgarie, et qu'il cherchait, depuis des années, quelque chose de différent.

C'est à ce moment-là qu' avec des amis il à ommencé à aller aux soirées techno dans la fameuse boîte "Indigo" à Sofia. 

Peter qui connait aussi la France puisqu'il est venu faire ses études supérieures à Strasbourg nous parle de lui mais surtout de la musique dans son pays, la Bulgarie.

 

DJ Peter Breeze & Gale

Toph' - Sais-tu que depuis ce fameux but de Kostadinov, les français ont un peu de mal avec les Bulgares ? avant de commencer cette interview j'aimerai savoir si tu as des liens avec ce fameux jouer auquel cas nous arrêterions l'interview de suite :-))

Peter - Oui, j'imagine.
J'espère que vous m'excuserez, si j'avoue qu'il existe un tel lien : nous sommes tous les deux nés à Sofia.

 

Toph' - Évidement ici peu de gens connaissent Peter Breeze & Peter Gale, qui es-tu ?

Peter - Tout comme ici, en Bulgarie je suis peu connu. En effet, je suis un jeune DJ qui mixe à peu près depuis deux ans et en même temps fait ses études à l'université Louis Pasteur. Mes styles préférés sont la techno et la hard techno.

 

Toph' - Comment as tu mis les pieds dans le petit monde de la musique électronique?

Peter - Tout a commencé en 1997-8. Comme si j'avais un trou dans le coeur en ce qui concerne la musique. Le rap me plaisait beaucoup, mais il ne me chargeait pas suffisamment d'énergie et ne me donnait pas ce dont j'avais besoin. Un jour, un ami m'a invité à une soirée dans la fameuse boîte Indigo, où on mixait surtout de la techno. Tout a commencé par là.

 

Toph' - Parles nous justement de cette fameuse boite à Sofia, L'indigo...

Peter - En y entrant pour la première fois, j'étais impressionné. C'était incroyable, c'était différent ! L'ambiance était complètement différente de celle des boîtes dans lesquelles on jouait d'autres types de musique. Elle était spacieuse, de forme rectangulaire, avec un très grand espace pour danser. Le DJ se trouvait à trois - quatre mètres au-dessus du public. Oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, la description de toutes les boîtes techno peut paraître identique, mais pour moi, l'Indigo reste unique. Peut être, parce que c'était la boîte à l'endroit exact, au moment précis.
Ce club représentait la techno-culture de Sofia. Presque toutes les soirées électroniques se déroulaient là-bas, à l'exception des soirées à grande échelle : les Metropolis, qui s'organisaient dans les plus grandes salles de Sofia, une fois tous les 2 - 3 mois.
Malheureusement, en 2001 le club a fermé, parce qu'il est arrivé un très grave accident, qui a bouleversé tout le pays. Sept enfants sont morts d'étouffement dans la grande queue devant la boîte pour une soirée « Enfant », juste au début des vacances de Noël.
Avec sa fermeture les grandes soirées à Sofia souvent organisées avec la participation des DJs internationaux ont diminué considérablement, parce que le niveau de vie dans les pays d'où venaient ces DJs s'avérait presque toujours plus élevé que celui de Bulgarie. Par conséquent le paiement des DJs devient beaucoup plus difficile, et il exige une plus grande fréquentation des boîtes.

 

Toph' - Qu'est ce qui t'as attiré tout de suite dans cette musique ?

Peter - Le fait que je la ressente. Je la ressent d'une telle façon qu'au moment venu, je fais littéralement peur aux gens, parce que je deviens fou et que je danse jusqu'à l'épuisement et la déshydratation de bonheur. C'est une chose entre la musique et moi. C'est vrai que ce sentiment n'apparaît pas à toutes les soirées. Mais, quand il apparaît, il est incomparable et je sais que je me souviendrai éternellement de ce moment!
Je souhaite avec tout mon coeur que tous les gens de la planète ressentent un jour ce sentiment de bonheur indescriptible !

 

Toph' - Quel à été ton parcours jusqu'ici en tant que DJ ?

Peter - Je n'ai pas beaucoup d'expérience derrière moi. Quelques soirées privées et une sérieuse - au club SPS à Sofia cet été, pour laquelle par contre je suis infiniment content. Également, avec un ami nous avons fait un morceau hard techno, qui a un retentissement un peu amateur, mais tout à sa première fois.

 

Toph' - Pour quelles raisons avoir deux pseudonymes : Peter Gale et Peter Breeze ?

Peter - Parce que, plusieurs fois il m'est arrivé d'aller aux soirées de DJs connus, sans réellement savoir quel style ils jouent et, par conséquent, être plus ou moins déçu. En plus, allant aux soirées de DJs identiques, mais à des endroits différents  j'ai réalisé qu'eux-mêmes mixaient des musiques différentes, selon les préférences du public. C'est vrai qu'un  DJ techno joue de la techno, mais quelquefois il lui arrive de mixer de la hard techno, ou de la tech-house, ou un sous-style de la techno, que nous ne l'avions pas attendu jouer précédemment .Par conséquent ceci ne plaît pas à tout le monde. De cette façon il m'est arrivé l'idée du projet Breeze & Gale et les deux pseudonymes. Mon but, c'est de pouvoir faire penser au public le style que j'allais mixer. J'ai même fait des samples des deux styles que je mixe sur mon site Internet, parce que je considère qu'il y a une sorte de trou entre le public et le DJ. Peut-être à cause des promoteurs, qui organisent les soirées.
En effet Peter Breeze vient de mon prénom et de "brise" - du vent léger et doux, avec l'idée d'un rythme plus cool et gai. Et Peter Gale : le tourbillon est un vent fort et rapide, pour souligner que je vais mixer de la musique plus agressive et rapide.

 

Toph' - Quels sont tes 10 disques préférés ?

Peter - Les plus soft :
Logistic Records 32 (Technasia & John Thomas)
Hard Fandango 01 (Eduardo de la Calle, Pablo Leon)
Disq 09 (T-Kitani & Chester Beatty)
Real Sessions 04 (Mark Broom)
Sway 04 (Hertz)

Les plus costaud:
Arms 01 (Carlos Rios, Vincent de Wit, Bas Mooy & Jeroen Liebregts)
Bitshift 04 (Matt M. Maddox)
Systemcalls 03 (Robert Natus)
Heroes 05 (Glenn Wilson)
4x4 17 (Switchblade)

 

Toph' - Comment s'est développé la musique électronique en Bulgarie ?

Peter - A l'échelle nationale, j'aurai du mal à répondre. Mais pour la région de Sofia, elle s'est surtout developpée avec les soirées de grande échelle de type "Metropolis" où la Street Parade (tous les été dans les rues de Sofia depuis déjà cinq ou six ans), la boîte Indigo, et l'incroyable motivation et le désir des fans de la musique électronique.

 

Toph' - Comment réagi le public à cette musique ?

Peter - Une question difficile, mais  dans mon esprit le fan bulgare typique va à une soirée avec des vêtements non communs et que l'on remarque : larges et colorés (un peu comme le fan allemand), avec des cheveux teints, un sifflet, un sac à dos et éventuellement des lunettes dans le style techno. Mais il me semble qu'aujourd'hui on rencontre ceci moins souvent. Pendant la soirée, la plus grande partie du public regarde vers le DJ. Les gens dansent de manière différente qu'ici ou en Allemagne.
Au moment culminant, les gens gonflent les sifflets, lèvent les mains, crient, admirent l'instant énergique et dansent, tous émus.

 

Toph' - Qu'est ce qui fait la richesse de ton pays ?

Peter - En général : les gens (leur nature ainsi que leur culture), la nature (les chaînes montagneuses, la mer) .
Pour moi : mes merveilleux parents et amis avec lesquels je passe pas mal de temps quand je suis dans mon pays. Mais aussi le sentiment que j'ai quand je suis là-bas de me sentir « chez moi ». Mon parrage préféré, qui par ailleurs s'appelle Batak et se trouve dans les Rodopi (mes grand parents n'habitent pas loin de là, mais j'adore l'autre côté du parrage qui est plus sauvage et où je jouais quand j'étais encore enfant). Les moments que je passe à admirer la nature pendant que je fais du ski sur les pistes de Borovets, Bansko ou encore Vitosha.

 

Toph' - Quels sont pour toi les plus grands artistes Bulgares ?

Peter - Ce sont surtout des DJ's techno; car je vais surtout à de telles soirées : Steven, Balthazar, Jassen Petrov et aussi Radi qui ne mixe plus depuis déjà 3 ans.

 

Toph' - Quel regard portes-tu sur la scène électronique Bulgare, est-ce divisé entre les club et les free ?

Peter - Je pense que les free, comme en France, n'existent pas. Je me rappelle surtout des Street Parades, des "Metropolis". Donc la scène n'est pas séparée entre les deux. Quant aux styles les plus écoutés en Bulgarie, ces derniers temps ce sont la house musique, tech-house, techno, un peu de hard techno et bien sûr les musiques-électronique diffusées à la télévision et à la radio. Il y a desfois aussi des soirées drum'n'bass, mais c'est assez rare. Cela fait également très longtemps que je n'ai pas entendu parler de soirées trance.

 

Toph' - Et sur la scène francaise, que tu connais aussi un peu il me semble ?

Peter - Oui c'est vrai, je ne la connais pas bien, mais je pense quand même, que bien qu'elle soit partagée entre les clubs et les free, certainement les clubs sont des monopolistes, puisque ce sont eux qui proposent les programmes les plus intéressants (même si tout ceci est payant).
Quand aux styles les plus écoutés, je peux parler surtout de la house, elektro, hardcore, techno et un peu de hard techno. On n'écoute pas beaucoup de Drum'n'bass et de la trance.

 

Toph' - Qu'est ce qu'il y à de différents entre les deux pays ?

Peter - Géographiquement parlant la Bulgarie est 5 fois plus petite que la France.
La population de la Bulgarie est à peine de 7,5 millions de personnes, et par conséquent il y a un manque de diversité dans l'intérêt des gens pour la musique par rapport à la France. Je trouve que les Français sont un peu plus sages et réfléchis en comparaison avec les Bulgares. Les gens en France ont plus de respect entre eux que chez moi. De plus la classe moyenne est presque inexistante. Il me semble aussi que les problèmes chez moi sont plus basiques car les gens sont pauvres. Et malheureusement nous avons aussi des problèmes de corruption. Toutefois en Bulgarie les femmes s'habillent d'une manière plus provocante ce qui n'est pas pour nous déplaire.

 

Toph' - Qu'est ce qui manque à la scène électronique Bulgare pour se développer ?

Peter - Le premier problème, ce sont les obstacles économiques. Le second, c'est le manque de diversification dans les intérêt des gens ( pour la musique ) par rapport à la France.

 

Toph' - Quels sont tes projets à l'heure actuelle ?

Peter - J'essaie de rendre mes pseudos plus populaire. Pour cela je souhaiterai mixer en France et en Allemagne. Il y aura bientôt la soirée Audio Culture 2005 en Allemagne. Cette soirée a pour but de faire connaître des DJs moins populaires. Il me reste à remplir la candidature et à être choisi. Je souhaiterai faire un deuxième morceau. Mais cela ne sera possible que cet été en Bulgarie.

 

Toph' - Le meilleur voeux qu'on pourrait te souhaiter pour 2005 ?

Peter - Mixer dans quelques boîtes et passer mon année universitaire, c'est la combinaison magique pour moi : )

 

Le site internet de DJ Peter Breeze ( techno ) et DJ Peter Gale ( hard techno ).

http://www.sitekreator.com/b.n.g